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Interview radio de Jean-Denis ROUILLON qui étudie, entre autres, l'utilité ou non de porter un soutien-gorge.

JDR : Il y a une grande pression, sociale, familiale, pour inciter les jeune filles à porter un soutien-gorge.

 

Journaliste : Il y a, c'est vrai, des idées reçues qui ont la peau dure, il y a des recommandations qu'on se transmet, comme ça, de génération en génération, sans que personne n'est jamais vraiment vérifié ou étudié sérieusement le problème. C'est le cas, par exemple, du port du soutien-gorge qui est unanimement préconisé, surtout dans le cadre d'activités sportives. Et bien Jean-Denis ROUILLON est médecin-chercheur à l'université de Franche-Compté, et justement, lui, il s'est intéressé très sérieusement à cette question.

 

JDR : L'idée de travailler sur le sein des sportives remonte, pour moi, à une vingtaines d'années maintenant, en constatant, tout simplement, que les sportives de haut niveau pratiquaient souvent sans soutien-gorge. Elles considèrent que, dans les sports d'endurance par exemple, le soutien-gorge est une gène pour le mouvement.

 

Journaliste : Donc c'était une constatation mais il n'y avait pas de travaux, justement, scientifiques, médicaux, là-dessus ?

 

JDR : A la faculté, on avait appris que le sein est un tissu fragile, qu'il fallait le protéger, etc, et encore plus en sport. Nous avons recherché si des études avaient été faites, des études de suivies de sportives, etc, et nous avons absolument rien trouvé, c'est le désert bibliographique. Curieusement, des millions voir des milliards de femmes portent des soutien-gorges alors que jamais l'efficacité, le bien fondé du port du soutien-gorge n'a été étudié.

 

Journaliste : Avant de commencer concrètement son étude, la première étape pour Jean-Denis ROUILLON, ça été de lister et de trouver des critères objectifs afin, justement, de pouvoir comparer les poitrines.

 

JDR : Nous avons essayer de réfléchir un peu à la question, déjà savoir, comment on pouvait évaluer un sein. En fait, il y a deux grands groupes de critères pour classer les seins. Il y a les critères, on va dire, esthétiques qu'on appelle le triangle de buffon. C'est à dire que si entre les deux seins il y a 20 cm, et bien, par rapport à la base du cou, le triangle ainsi formé doit être équilatéral, c'est à dire avoir des cotés de 20 cm si la base est à 20 cm. Maintenant, il y a d'autres critères qui permettent de faire un pronostique sur l'évolution du sein. C'est ce qu'on appelle la qualité des tissus.

 

Journaliste : Lors d'une première étude, les chercheurs de l'université de Franche-Compté ont recruté 33 volontaires. Il s'agissait de jeunes sportives qui ont donc accepté de laisser leur soutien-gorge au vestiaire.

 

JDR : Sur toutes, sans exception, on a constaté au fil de l'année, on les a vues 4 fois pendant l'année, et bien que le sein s'améliorait, sur des critères objectifs, que finalement le sein s'était adapté. Il y a les muscles poussiers, parce qu'il y a des muscles poussiers, c'est des muscles qui sont sous la peau au niveau du sein, ces muscles s'étaient développer et globalement la fermeté aussi s'était améliorée. L'étude se poursuit pour essayer de mettre le doigt sur les conditions, on va dire, favorable pour une femme pour arrêter à mettre des soutien-gorges. L'étude que nous menons ne peut absolument pas conclure que toutes les femmes de la planète ont intérêt à jeter leur soutien-gorge.

 

Journaliste : Au total, Jean-Denis ROUILLON a suivit 250 femmes volontaires. Certaines continuent de porter des soutien-gorges, d'autres n'en ont jamais portées, certaines sont des grandes sportives, d'autres beaucoup moins. D'ici quelques années, Jean-Denis ROUILLON devrait avoir, comme ça, récupéré suffisamment de résultats pour tirer les premières conclusions. Des conclusions, qui, quoi qu'il en soit, ne devront surtout pas être généralisées activement.

 

 

 

Le 19 décembre 2003, Laëtitia PIERROT, une étudiante en médecine de 29 ans (handballeuse de haut niveau de 1998 à 2001 au E.S.B.F. de Besançon), a soutenu sa thèse devant la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Besançon et qui s'intitule " Evolution du sein après l'arrêt du port du soutien gorge, étude préliminaire longitudinale sur 33 sportives volontaires".

Cette étude a été réalisé sous la direction de Jean-Denis ROUILLON, enseignant à l'UFR STAPS, chercheur au laboratoire Physiopathologie Cardiovasculaire et Prévention, et médecin du sport au CHU de Besançon et s'est déroulée sur une année. (voir la section "études" de ce site).

Il est ressort que malgré l'inconfort des premières semaines, ce dernier s'atténue fortement au bout de 6 mois pour finir par totalement disparaître au bout d'1 an. Finalement, 29 des 33 volontaires (âgées de 18 à 25 ans) déclaraient ressentir plus de confort sans soutien-gorge alors qu'elles disaient le contraire au début de l'étude.

Laëtitia PIERROT expose donc que "l'arrêt du port du soutien-gorge est bien supporté par les femmes en terme de confort et d'esthétique et, contrairement aux idées reçues, le sein ne tombe pas, mais il se raffermit et remonte." (…) "Cette étude remet en question l'habitude du port du soutien-gorge, alors qu'elle était bien installée dans nos représentations sociales et culturelles".

De plus, il a été constaté sur les 33 volontaires (sans exception !) une amélioration de la qualité des tissus du sein, de sa fermeté, et de son maintien. Ainsi, on observait une nette diminution de la hauteur mamelon/acromion (extrémité extérieure de la clavicule), augmentation de la hauteur mamelon/base-du-sein et de l'angle mamelon/horizontale.

 

 

 

Le 13 septembre 2006 fut publié l'étude, plus complète, sur 250 femmes suivis sur une période de 3 ans. Les résultats sont édifiant et confirment les observations faites jusque là, ainsi que les études américaines sur ce même sujet.

Ainsi, Jean-Denis ROUILLON explique que "l'on habitue les jeunes filles à porter un soutien-gorge beaucoup trop tôt. Petit à petit, les seins prennent du poids et, comme ils sont maintenus, les tissus de soutien ne se développent pas. Par la suite, les femmes ne peuvent plus s'en passer, car elles estiment avoir mal et les seins qui tombent. Il faut savoir que celles qui n'en ont jamais porté ne constatent pas ce phénomène".

Pourquoi, alors, tant de femmes continuent-elles à porter cet accessoire ? Si ce n'est par confort physique, c'est peut-être par confort social. Pour certaines d'entre elles, il est inconcevable de se passer de ce sous-vêtement par crainte de faire croire que…

Quoi qu'il en soit, Jean-Denis ROUILLON énumère plusieurs facteurs favorables à "une bonne évolution des seins" :

-        faire du sport

-        ne pas être en surpoids ou pire, ne pas faire le yoyo

-        avoir une bonne assise musculaire de tout le tronc

-        pratiquer l'automassage de la poitrine pour favoriser le drainage lymphatique

-        et surtout, ne pas porter de soutien-gorge à armature

-        ne pas comprimer la poitrine à cause du risque de cancer

-        éviter la sédentarité et le tabac

-        se méfier des pratiques alimentaires végétariennes et, surtout, végétaliennes.

À celles qui ont la hantise de faire du sport en simple tee-shirt, le professeur bisontin répond que "la plupart des grandes sportives ne portent pas de soutien-gorge". Et à celles qui pensent que nourrir leur bébé pourrait déformer la poitrine il rétorque que "l'allaitement ne dégrade pas les seins".

 

 

 

Ce site est très largement inspiré du site : mamas saludables qui s'appuie, entre autres, sur le livre ci-dessous.

 

 

"En matière de santé, toutes méthodes de prévention, quelles soit curieuses, étonnantes ou excessives, doivent toujours être mises en pratique. Si ce n'est pas fait et que plus tard quelque chose arrive, devrons-nous nous poser la question : que se serait il passé si je l'avais fait ? Je ne souhaite à personne de devoir vivre avec cette croix ".

Dr. John Stevenson, MD, Brunswick Médical Group.